Le fonds Monétaire Arabe publie une étude sur Les déterminants de la participation de la Femme au marché du travail dans les pays Arabes

07-10-2018

Le fonds Monétaire Arabe publie une étude sur Les déterminants de la participation de la Femme au marché du travail dans les pays Arabes

Dans le cadre de ses efforts, visant à promouvoir les activités de recherche dans les domaines prioritaires en vue d’apporter un éclairage aux décideurs des pays arabes, le fonds monétaire arabe (FMA) a publié une étude sur « Les déterminants de la participation de la femme au marché du travail dans les pays Arabes ». Cette étude s’attache à examiner les déterminants susceptibles de hisser le niveau de contribution de la femme arabe au marché de l’emploi, laquelle contribution compte parmi les plus faibles au monde. 

L’étude a montré que la responsabilisation de la femme au plan économique est un déterminant majeur de la croissance économique et le développement durable. D’ailleurs, la suppression des inégalités entre homme femme pourrait déboucher sur une hausse du produit intérieur brut mondial d’environ 12- 28 trillions de dollars à l’horizon 2025.

Dans ce cadre, les études ont indiqué que l’habilitation des femmes, ainsi que l’égalité de genre représentent un facteur essentiel d’augmentation de la productivité, de réduction des inégalités du revenu, d’amenuisement des retombées de la vieillesse dans les pays développés sur le marché de travail et de la réduction de la pauvreté dans les pays en développement.

Forte de ce constat, l’étude s’est focalisée sur les principaux déterminants de participation de la femme arabe au marché de travail sur la période 1990-2016. Dans un premier temps, l’étude a exposé les résultats au plan international des études antérieures menées sur un nombre de pays et régions du monde. Elle a conclu que les facteurs économiques ayant trait à l’accroissement du revenu par habitant et du taux de contribution du secteur des services au PIB représentent, dans un grand nombre de pays, des déterminants majeurs de la participation de la femme au marché de l’emploi.

Par surcroît, l’étude a mis en exergue l’importance des facteurs sociodémographiques et institutionnels dans l’explication de l’augmentation du taux de participation de la femme dans le marché d’emploi, en l’occurrence l’accès de la femme à l’enseignement supérieur et le taux de fécondité ; deux facteurs ayant des effets contradictoires sur la capacité de la femme à s’intégrer dans le marché de travail. En effet, autant le nombre d’enfants s’accroit, autant la femme ne peut assurer l’équilibre entre ses engagements familiaux et professionnels. En revanche, l’augmentation du niveau d’éducation chez la femme, lui permet d’élargir les opportunités d’accès au marché de l’emploi, ce qui nécessite des niveaux d’éducation et des compétences de base qui ne sont pas disponibles pour un grand nombre de diplômés qui ont abandonné l’école à un stade précoce.

L’étude a montré que l’écart de genre est l’un des défis les plus importants auxquels sont confrontées les économies arabes. Dans ce contexte, l’étude s’est concentrée sur la description de la situation actuelle de l’accès de la femme à l’éducation et au marché du travail dans les pays arabes. Elle a montré que, même si les indicateurs montrent un progrès marque pour combler l’écart entre les genres, en particulier sur le plan d’accès à l’éducation de base, il demeure encore des disparités notables dans la scolarisation des filles de l’enseignement secondaire et tertiaire, ce qui affecte la qualité des résultats de l’éducation dans certains pays arabes, et limite par conséquent leur accès au travail, lequel nécessite un niveau de formation de base et des compétences qui ne sont pas disponibles chez celles qui ont abandonné l’école a un stade précoce.

D’un autre côté, les indicateurs publiés par l’organisation internationale du travail (OIT) montrent une faiblesse du taux de participation de la femme au marché de l’emploi dans les pays arabes en comparaison avec la moyenne mondiale et la moyenne enregistrée dans les autres régions du monde. En effet, le taux de participation de la femme arabe dans le marché d’emploi n’a pas dépassé 18.9 % du total des femmes en âge de travailler en 2017, contre une moyenne mondiale de 48.7%. Ce taux est considéré comme relativement faible au regard des autres régions du monde où le taux de participation de la femme dépasse 50 %.

D’autre part, les obstacles qui entravent la participation de la femme au marché de travail ne cessent d’augmenter avec la hausse du taux de chômage dans la région. A cet égard, le taux de chômage des femmes arabes s’est élevé à 16.7% en 2017, soit le triple de la moyenne du taux de chômage des femmes à l’échelle mondiale (6%).

Etant conscient de l’importance capitale de la participation de la femme au marché du travail et ses effets bénéfiques sur la croissance économique et la soutenabilité du développement, les gouvernements des pays arabes ont pris une série d’initiatives qui incitent à l’égalité homme -femme sur le marché du travail, à l’insertion des femmes venant de milieux défavorisés, et à la revue de la règlementation liée au climat des affaires.

Afin d’identifier les facteurs qui contribuent les plus à la participation de la femme au marché de l’emploi, l’étude s’est basée sur l’analyse descriptive, factorielle et économétrique appliquées sur un échantillon de 19 pays arabes observés sur la période 1990-2016.  Les résultats des simulations montrent que :

  • La validation de l’hypothèse « U Shape », ce qui signifie que l’insertion de la femme dans le marché de l’emploi est corrélée positivement avec le niveau de croissance économique, le niveau de croissance de revenu et aussi avec l’augmentation de la part du secteur des services dans le PIB du fait que ce secteur offre plus d’opportunités d’emploi pour les femmes.
  • La participation de la femme est influencée par les déterminants économiques, institutionnels, sociaux et démographiques. Les déterminants économiques sont considérés comme étant les variables les plus aptes à expliquer le niveau de participation de la femme dans le marché d’emploi, en l’occurrence, le PIB par habitant et le taux de participation de la femme au marché du travail.
  • Les déterminants démographiques, en particulier le taux de fécondité, viennent en deuxième position dans l’explication de la participation de la femme au marché de travail en l affectant négativement.
  • Enfin, les déterminants sociaux ont un pouvoir explicatif de l’ordre de 21%. La scolarisation universitaire de la femme arabe est la dimension la plus influente positivement en termes de chances d’accès au marché d’emploi.

En guise de conclusion, et à la lumière des futurs défis auxquels les marchés du travail des pays arabes seront confrontés, en raison de la 4éme révolution industrielle on s’attend à ce que l’écart global entre les genres se creuse davantage. De ce fait, les gouvernements des pays arabes sont appelés à mettre en place des politiques appropriées qui visent à insérer davantage la femme arabe dans l’activité économique et favoriser encore plus sa présence sur le marché de l’emploi. Il s’agit plus particulièrement de :

  • Accorder plus d’importance à l’accès de la femme arabe à un enseignement universitaire de qualité et améliorer ses compétences dans les domaines scientifiques, mathématiques et d’ingénierie et dans d’autres domaines sollicités par le marché d’emploi, en conformité avec les exigences de la quatrième révolution industrielle.
  • Adopter des stratégies nationales pour orienter les femmes vers les postes les plus sollicités sur le marché d’emploi futur et cela après les avoir préparés et encadrés tout au long du cursus universitaire et les familiarisé avec les programmes et les méthodes innovés.
  • L’intégration des femmes sur le marché du travail et la promotion de la formation professionnelle des femmes et la lutte contre l’analphabétisme numérique chez les femmes.
  • Inciter les femmes à se familiariser davantage avec les technologies d’information et de communication afin d’augmenter leur chance pour s’insérer encore plus dans l’économie et adhérer à l’économie de savoir.
  • Adopter des politiques de financement de petites et moyennes entreprises afin d’inciter les femmes à intégrer le monde des affaires et entreprendre des projets en facilitant leur financement.
  • Réviser le cadre juridique pour doter les femmes de tous ses droits en matière d’appropriation.
  • Adopter des politiques qui favorisent la flexibilité du marché de travail et ce, à travers la création de postes de travail à temps partiel et aussi le travail par correspondance comme c’est le cas dans les pays européens.
  • Instaurer des stratégies afin d’offrir plus d’opportunités d’emploi aux femmes rurales, divorcées et vulnérables, et ce afin d’alléger les fardeaux auxquels elles sont confrontées et qui les entravent à saisir les opportunités d’emploi.

 

La version complète de l’étude est disponible sur le lien suivant : 

http://www.amf.org.ae

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